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«1909
- 2009, le centième anniversaire du
premier vol des Caudron»
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Favières -
Ponthoile - Le Crotoy - Rue
Les
cieux de Baie de Somme sont marqués de l’oeuvre
de deux illustres personnages : Gaston et
René Caudron.
Ces
deux frères sont à l’origine des
premières heures de l’aviation civile
et militaire.
Natifs
de Favières, en 1882 pour Gaston et 1884
pour René, ils effectuent leur premier
vol au printemps 1909 entre Ponthoile et
Forest-Montiers.
Dès
1910, ils implantent leurs ateliers à
Rue, puis sur la plage du Crotoy, la
première école d’aviation civile
(celle-ci revêtira
un aspect militaire dès 1913).

Environ
4700 pilotes sortirent diplômés de cette
institution, dont Bessie Colleman, la
première femme noire américaine,
à décrocher son brevet d’aviation.
Depuis
la mémoire collective en Baie de Somme
reste gravée de cette épopée aérienne,
qui aménera même à la conception des
premiers avions motorisés (G3/1914)
équipant l’armée française lors de la
première guerre mondiale.
L’histoire
foisonnante de ces précursseurs, et l’héritage
qu’ils laissent, sont brillament
orchestrés au musée des Frères Caudron
à Rue, siège de leur première fabrique.
Toute
personne possédant des documents, du
matériel ou tous autres témoignages de
cette fabuleuse histoire, est invitée à
participer à l’organisation de cette
manifestation, et ainsi apporter une
pierre à l’édifice commémoratif qu’il
convient d’ériger à la mémoire de
Gaston et René Caudron.
Lien
Web : www.centenaire-caudron.fr
LE
SOLEIL ET LA GLOIRE
En
ce matin d’Ascension, doublement
symbolique, les devoirs liturgiques
accomplis, organisateurs, élus recevaient
leurs invités. La concision de leurs
discours, la chaleur de leurs propos,
preuve d’élégance, donnaient le
« LA » de ces quatre journées
consacrées à Gaston et René CAUDRON :
quatre journées de bonheur partagé.
Le
village aéronautique, couronné par ses
rues aux plaques actualisées, prenait
rang de quartier général du souvenir.
La
plage gardait en mémoire sa fonction
lointaine qui, jadis, lui avait conféré
la célébrité ; les visiteurs, médusés,
contemplaient ces vieux coucous, ou leurs
répliques, posés à même la baie, terre
mouvante mais terre d’accueil aux cents
visages ; elle avait gardé leurs
empreintes gravées dans le sable.
Certains s’imaginaient témoins d’un
…mirage et la plupart ne dissimulaient
pas leur souhait, dans ce rôle
prestigieux, d’une renaissance
crotelloise, au moins occasionnelle.
Rue,
délaissée par la Manche depuis des siècles,
prenait sa revanche en habit de fête. Le
ciel, à son tour, remplaçait la mer pour
honorer ses héros, mais aussi ses morts,
dans la tempête comme dans la guerre.
Favières,
berceau tranquille des deux frères,
blotti au fond des terres, appréciait le
galon qu’il avait mérité, juste récompense
pour le génie de ses enfants.
La
ferme de Romiotte, ce château des
Caudron, accueillait à la vesprée une
foule heureuse, comblée, gavée
d’images, d couleurs, du ronflement des
moteurs en étoile, au gré des
atterrissages, des décollages bariolés
et poussiéreux, sur la piste champêtre
de « Romiotte I ». C’etait
le même soleil, à l’apogée de
Versailles, qui gratifiait le Roi d’un
surnom et « poudroyait » dans
le conte de Perrault.
Dans
la cour, trônait, ou plutôt veillait,
comme un chien de garde assoupi, un vieux
camion de Dion-Bouton, témoin de l’époque.
Avec ses trois litres de cylindrée, ses
lourdes roues en fonte, ses bandages
pleins et ses vingt kilomètre-heure, il
donnait la réplique, sur la grande scène
champêtre de l’Histoire à « Luciole »,
la glorieuse jument, qui, à bout
d’efforts, consciente de son rôle et de
son importance, rêvait de Pégase en
tractant son chariot volant, cependant que
là-haut, tout là-haut, à dix mètres
d’altitude, ses « chevaliers du
ciel » croisaient, les yeux dans les
yeux, Icare l’Intrépide, reconnaissant
à cette compagnie fraternelle qu’il espérait
depuis les temps homériques.
Les
nourritures terrestres, indispensables
pour prévenir une dénutrition
collective, remplaçaient, en plus
confortable et plus…. Alcoolisé, un
ravitaillement en vol. la montgolfière
posée tout près, en regard du couchant
et des prairies flamboyantes, mettait une
dernière touche de lumière dorée sur
cette toile impressionniste.
Vulcain,
le Forgeron fils de Jupiter, dans son
antre titanesque, se voulait partie
prenante dans la programmation des
festivités. De son enclume surchauffée,
des gerbes d’étincelles irisées,
tonitruantes, prolongeaient le spectacle,
effaçaient la nuit et façonnaient, à
nos yeux éblouis, « du fond de
l’horizon, des étoiles nouvelles ».
Quatre
jours durant, les présentations de
motocyclettes précédaient les causeries
historiques. Le « Rafale », le
« Simoun », sosies parfaits
des exemplaires originaux disparus, fruits
d’un talent fou et d’une patience
admirable, jouxtaient la conférence sur
Bessie Colman, « l’Ange noir ».
Quelques belles caisses rutilantes,
sportives, un brin frimeuses,
rappelaient à certains leurs
jeunes années et la drague, toutes deux,
elles aussi, envolées.
« La
cerise sur le gâteau » serait
presque une image vulgaire pour imaginer
cette apothéose, cet ultime cadeau
dominical. Pendant cinq heures bien
remplies, caracolaient une cinquantaine de
couscous, de zincs, bâtisseurs de légendes
et leurs pilotes, héritiers d’Adrienne
Bolland, de Doret, de Chanteloup,
pionniers de la haute-voltige. Ils
semaient l’admiration, soulevaient l’émotion
de plus de dix mille paires d’yeux
fascinés, parfois le souffle coupé.
Ces
conquérants de l’impossible, à la
prudence extrême en dépit de la
perfection technique, n’oublient jamais
le risque sournois, tapi dans l’ombre
ouatée d’un cumulo-nimbus, ou de la défaillance
imprévisible d’un modeste câble.
Vrille, looping, tonneau, chandelle,
feuille morte, dont chaque difficulté
nous échappait, simples profanes, pour
privilégier l’aspect spectaculaire,
s’enchaînaient avec une précision
d’horloge.
Comment
évoquer, sans superlatif, le sublime
tableau final, le « baissé de
rideau » de ce ballet aérien,
unique et irréel, de cet ULM dont le
passager faisait revivre un Nils Olgersonn
dont le jars motorisé évoluait entouré
des oies, ses compagnes. Ce scoop
surnaturel, évadé d’une page de Selma
Lagerlöf, faisait sans doute perler, ça
et là, une larme discrète furtivement
asséchée d’un revers de main, au prétexte
d’un insecte agressif, ou d’un rayon
de soleil aveuglant. Cet invité, sans
faille, de ces moments parfaits, Râ, ce
Dieu de Ramsès et de Toutankhamon, lui
« sans qui les choses ne seraient
que ce qu’elles sont » comme le
chantait Edmond Rostand, avait eu cœur de
nous accompagner à chaque instant pour
saluer et honorer Gaston et René Caudron,
ses deux frères solaires.
Alain Guth
Lundi
1er juin 2009
Contact
: Section Animation de l’Office de
Tourisme - Tél. : 03 22 31 02 98 - Fax :
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E-mail
: evenementiel@villeducrotoy.com
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